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Faire de l’exercice aérobie avant d’apprendre un nouveau mouvement : quels effets ?

L’exercice aérobie, comme la course à pied ou le vélo, est reconnu pour favoriser l’apprentissage moteur, c’est-à-dire la capacité à apprendre de nouveaux mouvements. Jusqu’à présent, les études se sont principalement intéressées aux mesures globales de la performance, sans examiner précisément l’influence de l’exercice sur les composantes spatiales du mouvement, comme sa précision et sa trajectoire, et les composantes temporelles, comme sa vitesse et son rythme.

Pour mieux comprendre l’influence de l’exercice aérobie sur ces différentes composantes, les chercheuses Nesrine Harroum, Amanda O’Farrell et Layale Youssef, du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM), ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse. Récemment diplômées du doctorat en sciences de l’activité physique de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (EKSAP) de l’Université de Montréal, les trois chercheuses sont aujourd’hui affiliées à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

De gauche à droite : Amanda O’Farrell, Layale Youssef et Nesrine Harroum.

Publiés dans la revue scientifique Neuroscience and Biobehavioral Reviews, les résultats de cette analyse montrent qu’une séance d’exercice aérobie effectuée avant la pratique d’une tâche motrice améliore plus particulièrement les composantes spatiales de l’apprentissage moteur. Une tâche motrice désigne un mouvement ou une série de mouvements qu’une personne doit apprendre à réaliser, comme lancer une balle, attraper un objet ou maintenir son équilibre.

« Une seule séance d’exercice aérobie pourrait favoriser l’apprentissage moteur, mais tous les aspects du mouvement ne répondent pas forcément de la même façon. Cette méta-analyse s’intéresse donc spécifiquement aux composantes spatiales et temporelles de l’apprentissage moteur, tout en examinant le rôle du moment et de l’intensité de l’exercice. L’objectif est de dépasser la simple question “Est-ce que ça marche ?” pour comprendre dans quelles conditions l’exercice aérobie est le plus efficace et sur quels aspects du mouvement ses effets sont les plus marqués », explique Nesrine Harroum, première auteure de l’étude.

Par ailleurs, l’analyse indique que l’exercice aérobie de haute intensité améliore l’apprentissage moteur, quel que soit le moment où il est effectué. « Faire de l’exercice à haute intensité est aussi efficace avant qu’après la pratique de la tâche motrice, car cela pourrait permettre aux neurones de mieux se préparer à la tâche, et ainsi améliorer l’apprentissage moteur », explique Amanda O’Farrell.

« L’exercice aérobie effectué avant la pratique d’une nouvelle tâche motrice pourrait, de manière générale, aider à mieux mémoriser et reproduire la précision spatiale ainsi que les trajectoires du mouvement, avec des effets qui semblent plus marqués lorsqu’il est réalisé à haute intensité », précise Layale Youssef, qui a supervisé cette étude.

Fortes de cette collaboration amorcée durant leur doctorat, les trois chercheuses souhaitent poursuivre leurs travaux afin de faire progresser les connaissances sur les liens entre l’exercice aérobie et l’apprentissage moteur.

Source :
Harroum, N., O’Farrell, A., & Youssef, L. (2026, 2026/12/01/). Exercise first: Acute aerobic exercise before practice selectively enhances spatial outcomes of motor learning – A systematic review and meta-analysis. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 191, 106936.

https://doi.org/https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2026.106936

Contacts :
harroum.nesrine@uqam.ca
amanda.ofarrell@uqam.ca
youssef.layale@courrier.uqam.ca